Les attentats de Paris et la COP21

Le dimanche 15 Novembre, trois jours après les attentats terroristes meurtrièrs et inimaginables à Paris le vendredi 13 Novembre, la ville lumière reste vide sauf pour ceux qui veulent démontrer qu’ils sont bien vivant et ont l’intention de continuer à vivre aussi normalement que possible.

A la radio on parle sans cesse des tueries, au début pour décrire le déroulement des évènements et ensuite pour essayer de comprendre l’incompréhensible et partager la profonde émotion que tous les auditeurs ressentent. Au début, le plus choquant etait cette impression d’un choix aléatoire pour les cibles visées. Mais impression seulement car en vérité tout le monde maintenant s’accorde pour dire que le choix était délibéré. Il ne s’agit pas uniquement d’une atteinte à la paix mais plutôt d’une attaque contre un certain style de vie bien français, bien parisien qui était visé : un diner au restaurant partagé avec des amis le vendredi soir après le travail, la musique écoutée dans une boite à la mode ou le match de foot au Stade de Paris. Le style de vie de ceux qui aiment la vie, la vie ensemble et le plaisir de la musique et du sport.

Ces évènements sont une tentative de séparer les français à travers leur réaction face à ces évènements. Créer une brèche entre ceux qui sont prêts à répondre avec forces en réponse aux commentaires du président qui décrit ces attaques comme des actes de guerre et qui prévoit de réagir avec fermeté et ceux, particulièrement les jeunes puisqu’ils étaient visés, qui veulent montrer qu’ils sont unis et n’ont pas peur.

Les intellectuels, les politiciens et la plupart les citoyens craignent que l’état d’urgence déclaré par le président François Hollande limite les droits fondamentaux du peuple français. Que les appels aux expulsions des imams intégristes et à la détention administrative des radicaux islamistes sur le sol français suggérés par le premier ministre amplifient la division sociale voulue par Daech. D’un autre coté, un sentiment de solidarité, une intention de se tenir debout devant ces attaques et un refus de la peur se ressentent dans beaucoup de témoignages radiophoniques auxquels sont invités les citoyens. Désir de maintenir à tout prix un esprit de solidarité construit sur les valeurs républicaines de liberté, égalité et fraternité. Fraternité qui était évidente vendredi soir alors que les habitants des 11eme et 12eme arrondissements où les attaques ont été commises ouvraient leur porte à ceux qui s’enfuyaient du carnage faute de transports en commun arrêtés ou bien lorsque les chauffeurs de taxi ont offert des courses gratuites pour aider les gens à rentrer chez eux.

C’est cette fraternité et cette unité dont nous allons avoir besoin de la part des pays participant à la COP21. Viendra-t-elle des délégués qui représentent et négocient pour leurs pays ? Rien n’est moins sur. Quelques jours avant ces évènements, par exemple, les États-Unis annonçaient qu’ils ne signeraient aucun accord qui les engagerait légalement. Les pays en voie de développement expriment déjà leur déception devant les offres plutôt navrantes d’approvisionnement du fond vert qui pour le moment totalisent environ $10 Millards, un tout petit pas, vraiment, vers les $100 Milliards espérés. L’unité mondiale viendra peut-être de la société civile, de ceux qui ont prévu de venir participer de l’extérieur à ces négociations. Viendra-t-elle de ceux qui veulent se réunir pour montrer leur engagement, leur désir de travailler ensemble de s’engager pour la planète ? Comment pourront s’exprimer ces manifestations d’unité prévues après ces évènements récents et en vue de la sécurité renforcée avec un état d’urgence maintenant pour 3 mois ?

Le président of France a rapidement annoncé que la COP21 sera maintenue sous plus haute protection de la police. La protection sécuritaire déjà prévue de remettre des contrôles aux frontières une quinzaine de jours avant la conférence va être renforcée. Comment vont faire les milliers de personnes qui convergent vers Paris pour exprimer leur mécontentement avec les négociations, si une telle insatisfaction émerge comme on s’y attend ? Est-ce que la possibilité de manifester en groupe un sentiment fort de mécontentement et de désaccord avec le contenu de l’accord à venir sera une autre victime de ces attaques ?

 

 

 

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